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Norbert Samama : « Je reste fidèle à mes engagements d’élu »

Élu en 2008 sur la liste majoritaire conduite par Yves Lainé, Norbert Samama fait aujourd’hui bande à part, avec Daniel Pihour (ancien adjoint aux finances), au sein du conseil municipal. Déçu par un maire « faisant preuve d’amateurisme et entouré de secrets », inquiet par l’attitude « autoritaire et procédurière » passée et présente de Christian Cannone, ce professionnel en urbanisme vit une première expérience politique qui pourrait devenir un véritable chemin de croix. Fort de ses convictions, il tente encore de faire entendre sa voix. Entretien.

S’il n’est pas Pouliguennais d’origine, Norbert Samama est pour autant très attaché à la commune pour y avoir passé une grande partie de son enfance. Aussi, en s’opposant à un projet proposé par une municipalité précédente - l’installation d’une piste cyclable sur la plage - il fait ses premiers pas dans le monde associatif, actif et militant, du côté des « Amis du Nau ». Après moult hésitations de la part d’Yves Lainé, il accepte finalement de s’engager sur la liste opposée à Christian Canonne.
Ses choix sont clairs. Ses engagements sincères. Il explique son opposition au maire de l’époque : « Monsieur Canonne et moi n’avons pas la même vision de la fonction d’élu. Lorsqu’il a été élu, les gens voyaient en lui la jeunesse et le renouveau du monde politique local. Il a beaucoup de charisme et peut être très impressionnant et convaincant. Mais son mandat a été marqué par de nombreux problèmes et scandales. Il a été omniscient, autoritaire, et surtout très procédurier. Finalement, un jour, il a perdu un procès, a été condamné, et son image auprès des Pouliguennais a changé ». Il poursuit sur son engagement auprès du maire actuel : « Monsieur Lainé, c’était mon médecin quand j’étais enfant. J’avais la vision d’un homme gentil et compréhensif. Je pensais qu’on allait changer les choses, mettre de l’éthique dans tout ça, faire participer les citoyens. On peut faire des erreurs, le tout, c’est de savoir trouver les méthodes pour avoir des solutions. Nous avions le projet de donner une autre vision du Pouliguen, entre ambition dans le développement et le côté « village » proche de La Baule ».
Le conseiller municipal conclut sur cette période préélectorale : « Avec Daniel Pihour et d’autres élus, on a fait un gros travail pour proposer un projet crédible aux électeurs. Visiblement, Yves Lainé n’était pas prêt et n’avait pas travaillé sur les dossiers ». La sentence est sibylline : « On a gagné parce que les gens ont voté contre Canonne. Yves Lainé les rassurait ».

« Les indemnités d’élus, on s’en fout ! »

Une lente rupture

De son élection au poste de subdélégué à l’urbanisme à la scission consommée lors du conseil municipal d’octobre 2010, Norbert Samama a suivi un cheminement à la conclusion inéluctable. « Pendant un an, j’ai travaillé à fond pour le maire. Je l’ai accompagné très souvent car il y avait des problèmes avec le DGS qui avait mal accepté son élection », indique-t-il dans un premier temps. Il ajoute : « Mais le maire est devenu changeant, très secret. Je demandais des éléments pour ma fonction à l’urbanisme, mais je ne les obtenais pas. Je n’étais pas au courant de certaines réunions, de plusieurs dossiers ». Il livre des exemples : « J’ai eu un différent avec Monsieur David, adjoint à l’urbanisme, au sujet d’un appel d’offres volontairement fait dans de mauvaises conditions pour favoriser un candidat. Mes demandes d’explications sont restées sans réponse. Il y a eu aussi l’acquisition d’une maison près des Halles, sans passer par le conseil municipal. Cette majorité franchit la ligne jaune dans de nombreux domaines ». Il se souvient également de l’affaire « La mare aux canards ».
En premier lieu, Norbert Samama et Daniel Pihour, alors adjoint aux finances, ont démissionné de leurs fonctions. C’était en janvier 2009. « Le maire recule sur tout ! Il fallait reprendre les choses en main, revoir nos méthodes de travail. C’est de l’amateurisme, c’est dangereux pour la commune. Les indemnités d’élus, on s’en fout ! Il faut impliquer tous les conseillers dans la gestion de la ville », commente-t-il.
Sa vision de la fonction d’élu est aujourd’hui bien différente de l’innocence des premiers jours. « Franchement, c’est une angoisse. Nous sommes pris en étau entre Lainé et Canonne. Les uns et les autres sont contre nous. Nous n'avons pas accès à l’information. Maintenant, tout ce qu’on peut dire pour aider la commune, Monsieur Lainé n’en a rien à faire. Le conseil municipal, c’est quelque chose qui gêne Monsieur Lainé ».

« On est dans le mensonge total »

Un gros travail sur le SCOT

Pourtant, dans les dossiers à venir en matière d’aménagement du territoire et d’urbanisme, sujets actuellement très débattus sur la place publique pouliguennaise, Norbert Samama fait figure d’homme compétent. Preuve en est : son travail dans le cadre de l’enquête publique sur le SCOT. Un rapport de 40 pages qui a trouvé un bon écho auprès de la commission et dans les recommandations émises pour le préfet. « Le SCOT privilégiait un axe La Baule – Guérande. Nous avons voulu rééquilibrer les choses vers un axe Le Pouliguen – Le Croisic, deux communes en difficulté actuellement. Surtout, nous voulons conserver la ville comme étant un petit port de pêche », ajoute-t-il. Ce travail reprend de nombreux points essentiels au développement du Pouliguen. Norbert Samama regrette qu’il n’ait pas trouvé meilleur accueil auprès de la majorité municipale, d’autant « qu’Yves Lainé s’est principalement consacré à la ZAC des Portes Korriganes ».
Pour les logements, le professionnel a aussi des propositions à discuter : « Il faut revoir notre type d’urbanisme. Il faut remettre à plat les projets sur la ZAC ». Et pour ce qui est des vœux du maire : « Il se moque du monde en disant qu’il a toujours été contre. On est dans le mensonge total ».

Auteur : YD | 22/01/2011 | 1 commentaire
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Vos commentaires

#1 - Le 27 janvier 2011 à 09h43 par canonne
Tout est-il permis en politique?
Je n'ai, bien entendu, jamais été condamné mais lorsque la rumeur est alimentée avec autant d'aplomb, la calomnie finit par marquer les esprit.
Quant aux faits reprochés par Mr SAMAMA à ses ex-partenaires de la majorité (fausser un appel d'offres) ils sont d'une extrême gravité. Certes, la majorité a déjà osé changer une délibération après un vote mais cette fois cela relève du pénal. Si cela est vrai, pourquoi Mr SAMAMA a-t-il tant tardé avant de le dénoncer?

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